Un algorithme pour faciliter la recherche de stages. Bonanza, startup qui gère notamment la plateforme Stage is Yours lancée par la CGE et le Cigref, met en relation étudiants et entreprises à la recherche de stagiaires ou d'alternants. Cofondateurs de Bonanza, Mathieu Marziou et Franck Magnan se livrent sur cette belle aventure.


Mathieu, Franck, comment est né Bonanza, qui en est à l’origine et quelle est l’idée de départ ?
Mathieu Marziou :
Franck et moi en sommes les cofondateurs. C’est parti d’un constat lorsque nous étions étudiants. Nous voulions créer un outil plutôt simple pour répondre aux nouvelles pratiques dans l’univers étudiant qui permettait de postuler aux offres de stages directement sur mobile. Quand nous étions à l’école, il n’y avait pas ce type de solutions. Quand on est étudiant et qu’on rencontre certains problèmes, c’est souvent dans ces moments-là que naissent de bonnes idées. On a ensuite travaillé toute la partie entreprises et sondé les services RH pour s’apercevoir qu’il y avait aussi des problématiques à leur niveau comme, par exemple, se connecter plus simplement aux étudiants par une partie employeur. Même nous, en quatrième ou cinquième année, nous nous sommes rendu compte que nous ne connaissions pas du tout ce milieu de l’entreprise. L’idée principale, c’était donc d’aller plus vite avec de nouvelles méthodes pour trouver un stage du côté de l'étudiant et recruter du côté de l’employeur.

Les étudiants et les entreprises sont les principaux prospects que vous visez...
Franck Magnan :
Il y en a trois en fait avec les étudiants, les entreprises mais aussi les écoles. Nous avons des pratiques marketing qui vont faire en sorte d'aller d’abord chercher les entreprises et leurs offres, que ce soit de façon directe ou indirecte avec des partenariats ou l’équipe de prospection commerciale. En fonction ensuite des besoins des entreprises, nous allons activer des partenariats écoles qui vont diffuser l’application mobile auprès de leurs étudiants. En parallèle de ça, on va faire des actions de marketing digital (sur les réseaux sociaux par exemple) pour nous faire connaître, pour faciliter le téléchargement de l’application et retrouver les offres dessus, mais aussi pour s’assurer que l’on ait des profils d’étudiants pertinents et en bon volume sur l’application.


"Bonanza, une appli gratuite pour les étudiants"


Comment fonctionnent l’algorithme Bonanza et le match entre un étudiant et l’entreprise ?
Franck : L’algorithme Bonanza est premièrement basé sur ce que l’on récupère côté étudiant. A l’entrée, l’étudiant rentre des informations sur sa formation, son expérience professionnelle, son secteur d’activité et sur la fonction qu’il souhaite par exemple exercer. Ces différentes informations nous permettent d’avoir une bonne visibilité sur le profil de l’étudiant et de le faire matcher ensuite avec l’entreprise et ses offres.

Est-il compliqué de mettre en place et de tester un algorithme comme celui-ci ? Avez-vous eu assez de données ?
Franck : Quand on développe un algorithme dans le secteur du recrutement et plus spécifiquement auprès d’étudiants qui n’ont pas encore une bonne connaissance des informations à ajouter sur leur profil, cela demande beaucoup de temps et beaucoup d’essais. Pour bien comprendre leurs envies, leurs ambitions et leurs compétences, cela demande beaucoup de paramétrages, d’intégration de nouvelles variables. Il faut tester tout le temps avec beaucoup d’étudiants, d’entreprises et d’offres différentes.
Mathieu : On se rend compte que le recrutement est un sujet sensible. On ne peut pas se permettre d’avoir un algorithme qui fonctionne à moitié. C’est de l’itération continue. Il faut impérativement le tester à chaque fois du côté des étudiants et des entreprises.

Quel est votre business model et comment parvenez-vous à la pérennisation de votre activité ?
Franck :
C’est évidemment gratuit pour l’étudiant. Nous proposons des abonnements annuels aux entreprises pour leur permettre de se rendre visibles auprès de notre communauté et de pouvoir publier des offres sur l’application.

Proposez-vous différentes offres d’abonnement annuel ?
Franck :
En fait, l’abonnement varie en fonction du volume d’offres que souhaite déposer une entreprise sur l’année. Pour les stages, il y a très souvent des offres et des besoins récurrents sur certains types de postes, au contraire des CDI. Les stagiaires se succèdent souvent au même poste. C’est aussi pour cela que nous proposons des abonnements à l’année aux entreprises. Nous proposons également des accompagnements pour les entreprises afin de piloter proprement leurs offres employeurs et qu’elles soient ainsi mieux adaptées aux millénials (personnes nées dans les années 80-90, ndr). Nous organisons, enfin, nos propres événements, des Job fair, pour recruter façon Bonanza, c’est-à-dire de manière un peu plus décomplexée, conviviale et informelle avec nos entreprises partenaires. Tous les étudiants, de nos écoles partenaires ou non, sont les bienvenus.

Mathieu Marziou et Franck Magnan, co-fondateurs de Bonanza, entourés de leur équipe. (City.forecasting.ai)

L’application Bonanza fonctionne-t-elle sur tout le territoire français ?
Franck :
Nous sommes présents partout en France. La plupart des écoles ont souvent des antennes sur tout le territoire. Quand nous nouons des partenariats avec des écoles qui ont des antennes ici ou là, nous activons le dispositif partout sur la France. Au niveau des entreprises, c'est également la même chose : les offres viennent de partout. Les plus grosses villes sur lesquelles nous travaillons sont Paris, Lille, Lyon et Nantes. Le Sud.

Pouvez-vous nous dire également un mot sur le CV connecté que vous avez mis en place ?
Franck :
C'est une feature qui est en test depuis un an auprès de toute l'équipe. Le but c'est de permettre aux entreprises de ne plus avoir à ressortir des salons ou des forums avec des sacs de CVs. En scannant le QR code présent sur l'application de l'étudiant, l'entreprise a accès à son profil, ce qui lui permet de le retrouver très rapidement dans la base de données Bonanza.

Où en êtes-vous aujourd'hui ?
Mathieu :
On est en plein démarrage puisqu'on a lancé l'application en janvier 2018 mais nous avons 1 500 nouveaux étudiants par mois qui s'inscrivent.

Avec quelles entreprises travaillez-vous ?
Mathieu :
Pour retracer l'historique de cette partie-là, on a commencé par des partenariats avec des startups pour adresser notre message à un maximum d'entreprises. C'était notre première approche. Maintenant, on s'attaque aux grands comptes et on a réussi à décrocher des contrats. Nous travaillons notamment avec Air France, la SNCF ou encore Eiffage.
Franck : Pour rebondir sur ce que dit Mathieu et comme nous sommes encore une petite équipe de 7, nous avons trouvé de vrais partenaires comme le Cigref qui représente les 150 DSI (Directeur des systèmes d'information, ndr) des plus grandes entreprises françaises dans les métiers du numérique, de l'intelligence artificielle... Ils avaient une problématique pour laquelle ils nous ont choisis : ces dirigeants-là n'arrivaient plus à recruter en stage des étudiants en raison d'une trop grande compétition et d'un appétit moins grand pour un métier de DSI qu'ils connaissaient mal, voire des entreprises qu'ils jugeaient moins sexies. En ce moment, nous sommes donc vraiment sur ce projet pour utiliser leurs marques employeurs et nôtre algorithme afin de recruter rapidement des étudiants passionnés et pertinents.
Mathieu : Le Cigref, c'est aussi en partenariat avec la Conférence des grandes écoles. Cela nous permet de réaliser une opération de recrutement aussi bien du côté des étudiants, des écoles que des entreprises.


"Travailler sur la partie Intelligence Artificielle et algorithmie"


Vous êtes aujourd'hui une petite structure avec ses avantages (flexibilité, réactivité), est-il justement question de recruter pour agrandir l'effectif Bonanza ?
Franck :
On va plus ou moins essayer de doubler l'équipe pour fin 2018 et tenter de boucler le recrutement pour la période de septembre-novembre. Nous avons déjà une bonne équipe technique avec un excellent CTO, un très bon lead développeur et de bons freelances sur la partie application mobile. Là où nous avons le plus de besoins, c'est sur la partie commerciale. Nous avons beaucoup d'opportunités sur le recrutement de postes d'alternants car toutes les entreprises en ont finalement besoin mais nous ne sommes pas toujours capables d'y répondre favorablement car nous ne sommes pas assez nombreux. C'est sur toute cette partie-là que l'on va tenter de compléter l'équipe et de bien s'organiser.

Avez-vous pensé à élargir votre cible avec votre algorithme et à aller chercher par exemple les demandeurs d'emploi ? Bonanza a-t-il cette vocation-là ?
Mathieu :
On nous a effectivement déjà fait cette observation mais on se rend compte qu'il y a tellement à faire sur la partie stage-alternance et, plus particulièrement, sur l'apprentissage, que nous avons encore pas mal de temps à travailler sur toutes les actions possibles à réaliser. L'apprentissage se développe énormément et les structures d'accompagnement ne sont pas assez nombreuses. Nous-mêmes, nous avons des efforts à faire pour développer au mieux notre solution. Nous étions au lancement de la campagne du MEDEF "L'apprentissage mon plan A" avec des écoles, des politiques et des entreprises et c'est un grand chantier sur lequel on va travailler.
Franck : Pour nous, en tant que startup, c'est aussi beaucoup plus simple de se développer et d'essayer d'être leader sur une niche. C'est plus intéressant d'être focus sur une niche stage-alternance, car il y a beaucoup de travail à faire comme le disait Mathieu, pour s'ouvrir par exemple à l'Europe, voire au monde. En s'ouvrant à d'autres pays sur le thème des étudiants, on va pouvoir donner des stages aux étudiants français à l'étranger mais également proposer des étudiants étrangers aux entreprises françaises. Notre ambition, c'est d'être les leaders sur ce parcours-là.

Quels sont, selon vous, les points à améliorer ?
Franck :
Nous sommes actuellement sur une V2 pour la partie recruteur et entreprise. On voulait faire une V1 qui fonctionne et qui soit simple pour que les étudiants trouvent des stages pertinents et que les entreprises trouvent des profils pertinents. Maintenant, on va plus travailler la partie contenu pour permettre aux entreprises de véhiculer encore plus leur media et leurs marques employeurs auprès des étudiants directement sur leur mobile. On va oeuvrer également sur la partie Intelligence Artificielle et algorithmie. Sur la première génération, nous étions vraiment sur des hard skills. Nous allions regarder les enchaînements de fonctions, de secteurs d'activité et d'écoles qui créent en quelque sorte des arbres d'évolution des étudiants. Là, nous allons réaliser la même chose sur les soft skills : quelles sont les valeurs de l'entreprise qui correspondent à l'étudiant, quel type de manager lui correspondrait bien car les stages sont tout le temps assimilés à un tuteur.

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