L'OCDE s'occupe de l'Intelligence Artificielle. Les pays membres et partenaires de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) ont en effet officiellement adopté le 22 mai dernier le premier ensemble de principes intergouvernementaux sur l’intelligence artificielle (IA). Ces Etats se sont entendus sur des normes internationales à respecter pour assurer la conception de systèmes d’IA robustes, sûrs, équitables et dignes de confiance.

Une avancée en termes d'éthique et d'Intelligence Artificielle ? Non contraignants juridiquement, comme cela a été précisé par l'institution elle-même dans son communiqué de presse, il n'en demeure pas moins que 42 pays ont adhéré le 22 mai dernier aux Principes de l’OCDE sur l’intelligence artificielle. L’Argentine, le Brésil, la Colombie, le Costa Rica, le Pérou et la Roumanie ont ainsi rejoint les 36 pays membres habituels de l'OCDE (dont les Etats-Unis, l'Allemagne ou la France par exemple) pour adopter cette "charte" lors de la Réunion annuelle du Conseil au niveau des Ministres, consacrée cette année à « La transition numérique au service du développement durable ».

Le déploiement responsable d'une IA digne de confiance

Avec le soutien de la Commission européenne, plus de 50 experts issus de divers univers professionnels – administrations, milieux universitaires, entreprises, société civile, instances internationales, communauté technique et organisations syndicales – ont planché pour élaboré ces principes dont l'objectif annoncé est le déploiement responsable d’une IA digne de confiance et servant au mieux l’intérêt général.

Pour cela, l'organisation a émis cinq recommandations applicables dans le cadre des politiques publiques et de la coopération internationale :

  1. L’IA devrait servir les intérêts des individus et de la planète en favorisant la croissance inclusive, le développement durable et le bien-être.
  2. Les systèmes d’IA devraient être conçus de manière à respecter l’état de droit, les droits de l’homme, les valeurs démocratiques et la diversité, et être assortis de garanties appropriées – permettant par exemple l’intervention humaine en cas de besoin –, afin de tendre vers une société juste et équitable.
  3. Il convient d’assurer la transparence et la divulgation responsable des informations liées aux systèmes d’IA, afin de faire en sorte que les individus sachent lorsqu’ils interagissent avec de tels systèmes et puissent en contester les résultats.
  4. Les systèmes d’IA devraient être robustes, sûrs et sécurisés tout au long de leur cycle de vie ; les risques connexes éventuels devraient être évalués et gérés en permanence.
  5. Les organisations et les individus chargés de développer, de déployer ou d’exploiter des systèmes d’IA devraient être responsables de leur bon fonctionnement, dans le respect des principes susmentionnés.

« L’intelligence artificielle révolutionne nos modes de vie et de travail et offre des avantages considérables pour nos sociétés et nos économies, a pour sa part précisé Angel Gurría, Secrétaire général de l’OCDE. Pourtant, elle soulève de nouveaux défis, suscite également des inquiétudes et pose des problèmes d’éthique, . Il incombe donc aux pouvoirs publics de veiller à ce que les systèmes d’IA soient conçus de manière à respecter nos valeurs et nos lois, afin d'assurer la sécurité et la protection de la vie privée des personnes ».

Le secrétaire général de l'OCDE Angel Gurria

L'OCDE ne compte toutefois pas s'arrêter là et prévoit d'ores et déjà une seconde étape avec la mise au point des orientations pratiques de ces principes par ses experts des politiques du numérique. Et l'organisation de préciser, toujours dans son communiqué de presse : "Les Principes énoncés par l’OCDE dans d’autres domaines de la politique ont ouvert la voie à l’élaboration de normes internationales et aidé les pouvoirs publics à concevoir leurs législations nationales. Par exemple, les Lignes directrices de l’OCDE régissant la protection de la vie privée, qui fixent des limites à la collecte et l’utilisation des données à caractère personnel, sous-tendent un grand nombre de cadres et de lois de protection de la vie privée aux États-Unis, en Europe et en Asie."

Quid de l'IA en Chine et en Russie ?

Loin d'être encore appliqués, ces principes pourraient toutefois imposer quelques nouvelles règles aux professionnels de l'IA. Avec son lot de questions auxquelles il faudrait alors répondre : ces principes freineront-ils la recherche en IA ? Agissent-ils bien comme des garde-fous ? Et quid de la Chine ou de la Russie qui ne font pas partie d'une telle alliance sur l'IA ?

Télécharger les Principes de l'OCDE sur l'intelligence artificielle dans leur version intégrale


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